Splitwise limite désormais le nombre de dépenses qu’on peut saisir chaque jour sans payer. Wanderlog réserve le mode hors connexion à son abonnement à 39,99 dollars par an. Polarsteps vend depuis peu une formule à 29,99 € par an. Les applications de voyage se téléchargent toujours gratuitement, mais leurs barrières tombent souvent au mauvais endroit : dans une vallée sans réseau, ou le soir où il faut faire les comptes à six.
Je prépare mes voyages avec ces outils depuis des années. L’an dernier, trois semaines en Serbie, de Belgrade aux montagnes du Zlatibor. Avant cela, un long week-end à Porto et une semaine dans un gîte des Cévennes avec cinq amis. Certaines applications m’ont suivi jusqu’au bout. D’autres sont restées en route, désinstallées sur une aire d’autoroute. Pour chacune, j’ai revérifié sur le site de l’éditeur ce que la version gratuite permet aujourd’hui.
Applications de voyage gratuites : des restrictions de plus en plus nombreuses
Le modèle a basculé. On télécharge, on s’habitue, puis l’éditeur ferme une porte : une limite quotidienne ici, un mode hors ligne payant là. Je ne m’en scandalise pas, un serveur coûte de l’argent. Mais une limite qui ne gêne pas dans son salon devient un problème au bout de dix jours de route.
J’ai donc retenu un seul critère pour cette sélection. La version gratuite doit encore fonctionner une fois parti, quand le téléphone capte mal, que la batterie baisse et que le groupe attend la note.
Wanderlog, le planificateur de vacances gratuit le plus complet
Pour la Serbie, j’ai monté tout l’itinéraire sur Wanderlog en deux soirées. Belgrade et sa forteresse au-dessus du Danube, Novi Sad, les monastères de la Fruška Gora, puis le sud : Zlatibor, Mokra Gora, les méandres de l’Uvac. Chaque lieu ajouté tombait sur la carte, à côté de la liste des journées. J’ai vu tout de suite que j’avais placé dans la même matinée deux monastères distants de soixante kilomètres. Sur un tableur, je ne l’aurais compris qu’une fois sur place, au volant, en regardant l’heure.
Fonctions incluses dans la version gratuite
La page tarifaire officielle annonce dans l’offre gratuite des lieux illimités, la collaboration en temps réel et l’import des vols, hôtels et locations de voiture. L’itinéraire et la carte partagent le même écran, et c’est ce qui m’a fait abandonner le carnet papier. Pour un départ à plusieurs, chacun ajoute ses envies sans passer par la conversation WhatsApp où le lien de l’hôtel disparaît sous quatre cents messages.
Fonctions réservées à Wanderlog Pro (39,99 $ par an)
La formule payante ajoute plusieurs fonctions, dont certaines manquent surtout sur la route :
- Le mode hors connexion sur mobile est payant, et c’est le manque qui m’a le plus gêné en Serbie.
- L’export des lieux vers Google Maps, pratique pour naviguer avec l’application qu’on connaît déjà, fait partie de l’offre Pro.
- La réorganisation automatique de l’ordre des étapes est réservée aux abonnés, même si des utilisateurs sur Reddit la jugent peu utile.
- L’assistant IA sans limite et la lecture automatique des réservations dans Gmail sont aussi payants.
Dans les gorges de l’Uvac, le réseau a disparu pendant une bonne partie de la journée, et mon itinéraire Wanderlog avec lui. Depuis, je fais la veille du départ une capture d’écran de chaque journée et je recopie les adresses dans une liste Google Maps. Cela me prend à peu près vingt minutes. Pour un grand voyage par an, je n’ai pas trouvé de raison de payer 40 dollars.
Google Flights : suivre le prix d’un vol gratuitement
Le week-end à Porto s’est joué sur Google Flights. J’ai enregistré un Lyon-Porto pour des dates de mai, et Google m’a envoyé un e-mail à chaque variation de tarif (aide Google). Pendant cinq semaines, le prix a monté, stagné, puis baissé un mardi soir. J’ai réservé le lendemain matin, directement sur le site de la compagnie.
L’outil indique aussi si le prix affiché est bas, habituel ou élevé par rapport à l’historique du trajet. Depuis 2023, il signale la période où réserver revient en général le moins cher, comme le rapportait Capital. Quand je n’ai pas encore de destination, j’ouvre la carte des prix depuis Lyon et je laisse défiler les villes, avec le prix de chaque destination en marge. Très facile et pratique.
Attention : la garantie de prix, qui rembourse la différence si le tarif baisse après l’achat, a été lancée aux États-Unis et concerne surtout des vols intérieurs américains. Pour un Lyon-Porto, n’y comptez pas.
Google Maps et My Maps : préparer son itinéraire et le consulter hors connexion
L’itinéraire classique de Google Maps s’arrête à dix étapes (Globe-Trotting explique comment contourner cette limite). Pour trois semaines en Serbie, c’était trop court. J’ai donc construit la carte du voyage sur Google My Maps, un outil austère, sans suggestion ni recommandation, qui ne m’a jamais lâché. Un calque par région. Des épingles rouges pour les nuits, vertes pour les kafanas repérées sur les forums, bleues pour les points de vue.

My Maps a ses propres limites : dix calques par carte, pas un de plus, comme le confirme un fil du forum d’aide Google. J’avais commencé avec un calque par journée. Au onzième jour, j’ai dû tout regrouper par région.
La fonction la plus utile reste la plus discrète. Google Maps permet de télécharger un plan pour l’utiliser hors connexion. Je télécharge chaque région la veille, en Wi-Fi, à l’hôtel. Entre Užice et Mokra Gora, la route serpente dans des forêts de pins où le téléphone n’affiche plus une seule barre. La flèche bleue, elle, a continué d’avancer.
Rome2Rio : comparer les moyens de transport entre deux villes
En Serbie, Rome2Rio m’a sorti de plusieurs impasses. Je voulais rejoindre Mokra Gora et le petit train à vapeur de la Šargan Eight sans louer de voiture. En quelques secondes, le site m’a proposé le bus de Belgrade à Užice puis une correspondance vers le village, avec la durée et une fourchette de prix pour chaque tronçon. Aucun site serbe ne m’avait donné cette vue d’ensemble.
La correspondance, elle, n’existait plus. À la gare routière d’Užice, la guichetière a regardé mon écran, puis l’horaire punaisé au mur, et m’a montré un autre départ, deux heures plus tard. J’ai bu un café turc en attendant. Je ne suis pas le seul dans ce cas : sur Trustpilot, des voyageurs racontent avoir cherché des bus bon marché ou des trains qui ne circulaient pas. Je me sers donc de Rome2Rio pour savoir qu’une liaison est possible et tracer les grandes lignes du trajet. Pour les horaires, je vérifie sur le site du transporteur, ou au guichet.
Tricount ou Splitwise : quelle application gratuite pour partager les frais
Dans le gîte des Cévennes, nous étions six, avec une seule voiture et une caisse commune tenue sur Splitwise. Le premier matin, après le café et le plein d’essence, l’application a refusé d’enregistrer les courses du marché de Florac. Splitwise impose une limite quotidienne de dépenses sur sa version gratuite, ce que l’éditeur confirme dans son centre d’aide, sans donner de chiffre. Les utilisateurs parlent d’environ trois saisies par jour, avec une attente de dix secondes entre deux ajouts. Sur Reddit, un ancien utilisateur écrit que l’application lui « semble morte » en version gratuite.
Le soir même, nous avions basculé sur Tricount et ressaisi la journée sur la table de la terrasse. L’application est gratuite, sans publicité ni limite quotidienne. Elle propose aujourd’hui d’importer un groupe Splitwise existant, ce qui vous évitera cette corvée. Elle convertit aussi les devises : en Serbie, je notais les dépenses en dinars et Tricount les ramenait en euros. Tricount appartient depuis 2022 à la néobanque bunq. L’application vous proposera donc, avec une insistance polie, de lier une carte bunq. On peut refuser, tout fonctionne sans. Pour un groupe en vacances, c’est mon choix sans hésiter.

Polarsteps : suivre son voyage et le partager avec ses proches
Je n’ai jamais tenu un carnet de voyage au-delà du troisième jour. En Serbie, Polarsteps l’a tenu pour moi. L’application trace le trajet en arrière-plan sur une carte du monde, et j’ajoutais le soir une photo, trois lignes, le nom d’une kafana. Ma mère, depuis Lyon, regardait la ligne descendre vers le sud. Au retour, tout tenait sur un écran : vingt et un jours, un fil sinueux entre le Danube et la frontière monténégrine.
Côté batterie, l’éditeur annonce environ 4 % par jour de suivi (aide Polarsteps). En montagne, où le GPS cherche longtemps son signal, j’ai constaté un peu plus. Polarsteps a lancé récemment Polarsteps Plus, à 8,99 € par mois ou 29,99 € par an, avec entre autres des cartes en relief et des profils de dénivelé. La base reste gratuite, et l’éditeur assure ne pas afficher de publicité ni vendre les données de ses utilisateurs. Pour des vacances classiques, je ne vois aucune raison de payer. L’abonnement vise surtout les randonneurs qui comptent chaque mètre de montée.
Quels outils gratuits pour planifier ses vacances selon le type de voyage
| Type de voyage | Combinaison que je recommande | Point faible à surveiller |
|---|---|---|
| Week-end en ville | Google Flights et une liste Google Maps | Aucun, inutile d’installer plus |
| Road trip de plus d’une semaine | Wanderlog et plans Google Maps hors connexion | Pas de mode hors ligne dans Wanderlog gratuit |
| Vacances entre amis | Wanderlog pour l’itinéraire, Tricount pour les comptes | Les sollicitations bunq dans Tricount |
| Itinérance en bus et en train | Rome2Rio et sites des transporteurs | Horaires parfois périmés sur Rome2Rio |
| Long voyage suivi par des proches | Polarsteps et My Maps | Batterie, et dix calques maximum sur My Maps |
Je vous suggère de ne pas dépasser trois applications par voyage. Au-delà, on passe plus de temps à synchroniser qu’à regarder la plaine de Voïvodine défiler par la fenêtre du car.
Les conditions à vérifier avant le départ
La veille du départ, je passe une heure en Wi-Fi avec mon téléphone. Je télécharge les plans Google Maps de chaque région traversée, je fais les captures d’écran de l’itinéraire Wanderlog et je vérifie que chacun a bien rejoint le groupe Tricount. Cette heure m’a évité plus d’ennuis que n’importe quel abonnement.
Mon expérience m’a aussi appris à laisser une demi-journée vide tous les trois ou quatre jours. Aucune application ne vous la proposera. C’est pourtant dans une de ces cases blanches, à Novi Sad, qu’un inconnu m’a emmené goûter la rakija de son oncle, dans une cour plantée de pruniers.
Un dernier point, daté : les offres gratuites décrites ici sont celles d’octobre 2026. Splitwise et Polarsteps ont modifié les leurs en peu de temps. Relisez leurs pages tarifaires avant de partir l’été prochain.







