Rouler à Maurice, c’est un peu comme feuilleter un livre dont chaque page change de décor. Dix minutes de canne à sucre, puis la forêt tropicale prend le relais, puis une falaise surgit, battue par le vent. Et là, au détour d’un virage : un lagon turquoise qu’on ne voyait pas venir.
La plupart des visiteurs débarquent avec en tête les plages du nord, bordées d’hôtels et de complexes tout compris. Logique, ce sont celles qu’on voit dans les brochures. Sauf que l’intérieur de l’île, et surtout sa côte sud-ouest, gardent pour eux des paysages qui n’apparaissent jamais sur Instagram. Pour les voir, il faut prendre le volant. Pas d’autre option, vraiment.
De Flic-en-Flac à Chamarel : le trajet qui change de couleur
Ce littoral ouest est sans doute l’un des plus variés de l’île. On part de Flic-en-Flac, la route colle à la mer un moment, puis grimpe doucement – presque sans qu’on s’en rende compte – vers l’intérieur, direction Chamarel.
C’est là que se cache le site des Terres des Sept Couleurs. Une curiosité géologique : le sol y prend des teintes de rouge, d’ocre, de violet, de vert, parfois sur quelques mètres à peine. L’explication tient à la décomposition de roches basaltiques riches en minéraux – un phénomène qui ne se produit que dans une poignée d’endroits sur Terre.
À deux pas, la cascade de Chamarel tombe d’une centaine de mètres. Une plateforme d’observation permet d’en profiter sans risque. La route qui y mène, elle, est étroite, sinueuse par moments. Un conseil : ne pas se presser. Ce n’est pas ce genre de trajet.
Traverser les Gorges de Rivière Noire
Direction le parc national, pour ceux qui préfèrent la nature à l’état brut. C’est le plus grand espace protégé de l’île – une forêt tropicale dense où survivent encore plusieurs espèces endémiques. La crécerelle de Maurice, notamment, un rapace qui a longtemps figuré parmi les plus menacés du monde, avant que des programmes de conservation locaux ne redressent la barre.
La route serpente : montées, points de vue soudains sur la vallée, passages en sous-bois où la lumière disparaît presque complètement. Plusieurs belvédères jalonnent le trajet. Celui donnant sur les gorges elles-mêmes mérite un arrêt en fin d’après-midi – la lumière rasante sur les crêtes vaut le détour, à ce moment-là particulièrement.
Le Morne et la côte qui résiste au tourisme
On ne peut pas parler des routes mauriciennes sans s’arrêter sur celle qui mène à la péninsule du Morne. Ce piton rocheux est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, en mémoire de son passé lié au marronnage pendant la période esclavagiste. Il se dresse tout au sud-ouest de l’île.
La route côtière qui y conduit longe des plages nettement moins fréquentées que celles du nord. Vues dégagées sur l’océan Indien, et par temps clair, on aperçoit l’île aux Bénitiers au loin.
Plus à l’est, le paysage change encore de registre : falaises, embruns, une mer plus agitée – logique, cette portion de côte est directement exposée aux alizés.
Grand Bassin, un peu à l’écart du reste
En remontant vers l’intérieur, la route vers Grand Bassin (Ganga Talao) traverse des collines verdoyantes et quelques plantations. Ce lac de cratère est considéré comme sacré par la communauté hindoue de l’île. Chaque année, la fête de Maha Shivaratri y attire des centaines de milliers de pèlerins.
Même hors période de fête, le site mérite le détour – ses temples colorés, son atmosphère un peu suspendue entre recueillement et carte postale.
Pourquoi la voiture plutôt qu’une excursion organisée
Ces itinéraires ont un point commun : ils traversent des zones peu, voire pas du tout, desservies par les transports en commun. Et les distances, courtes sur la carte, prennent souvent plus de temps que prévu – le relief s’en charge.
Les excursions existent, bien sûr. Mais elles imposent un rythme fixe, plusieurs arrêts serrés sur une seule journée, sans marge pour s’attarder là où le paysage le mériterait.
La location voiture ile Maurice règle ce problème d’un coup : on compose son propre parcours, on s’arrête au belvédère qui plaît sans regarder l’heure, on rallonge la visite d’un site qui tape dans l’œil. Et pour combiner plusieurs de ces routes dans une même journée, c’est tout simplement la solution la plus souple – sans dépendre d’horaires de navette.
En résumé
L’Île Maurice se découvre autant par ses routes que par ses plages, finalement. Les couleurs de Chamarel, la densité végétale des Gorges de Rivière Noire, le caractère sauvage du Morne, la sérénité un peu à part de Grand Bassin : chaque itinéraire montre un visage différent de l’île. De quoi sortir des sentiers battus du littoral nord – ne serait-ce que le temps d’une journée.







