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Un matin comme un autre, vous filez au travail sur votre trottinette électrique, un peu pressé, la piste cyclable est encombrée alors vous basculez deux minutes sur le trottoir. Un agent vous arrête. Vous découvrez sur place que vous n’êtes pas assuré, que personne ne vous avait vraiment expliqué cette obligation, et que la note peut grimper bien au-delà du simple PV auquel vous vous attendiez. Ce scénario se répète chaque semaine dans plusieurs villes françaises, souvent par méconnaissance plus que par mauvaise volonté.
La trottinette électrique appartient à la catégorie des engins de déplacement personnel motorisés, les fameux EDPM, et à ce titre elle répond à un cadre légal précis, régulièrement durci depuis 2019. Le cadre légal repose sur trois textes principaux : le Code de la route (articles R.412-43 et suivants), le décret n°2019-1082 du 23 octobre 2019 modifié en 2024, et les guides officiels du Ministère de la Transition écologique. Cinq règles suffisent à couvrir la quasi-totalité des situations où un usager se retrouve verbalisé. Les voici, dans l’ordre où elles pèsent le plus lourd sur le portefeuille.
L’assurance responsabilité civile, la règle qui coûte le plus cher
C’est la règle la plus mal comprise, et paradoxalement celle qui expose à la sanction la plus lourde. Le défaut d’assurance est un délit puni par une amende allant jusqu’à 3 750 €, assortie d’éventuelles peines complémentaires telles que des travaux d’intérêt général et la confiscation du véhicule. Beaucoup de propriétaires de trottinette électrique croient encore que leur assurance habitation suffit. Ce n’est pas le cas. La responsabilité civile « vie privée » des contrats d’assurance habitation ne s’applique généralement pas aux trottinettes électriques.
À mon avis, c’est le point le plus urgent à vérifier si vous venez d’acheter votre engin ou si vous l’utilisez depuis plusieurs mois sans y avoir pensé. Le coût réel n’a rien de dissuasif : le tarif pour la seule garantie RC obligatoire se situe entre 3 € et 5 € par mois selon les assureurs. Ce qui change tout, c’est ce qui se passe en cas d’accident responsable. Le Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires exigera le remboursement intégral des indemnités versées aux victimes, ce qui peut constituer, à titre d’ordre de grandeur, plusieurs centaines de milliers d’euros. Face à ce chiffre, l’amende elle-même paraît presque secondaire.
La vitesse de la trottinette électrique limitée à 25 km/h
Deuxième règle, tout aussi structurante : la vitesse. La vitesse maximale autorisée sur voie publique est de 25 km/h. Cette limite s’applique partout, y compris sur les pistes cyclables. Certains utilisateurs font débrider leur engin chez un vendeur peu scrupuleux ou via un logiciel trouvé en ligne, pensant gagner quelques minutes sur leur trajet. C’est une mauvaise idée à plusieurs titres. Rouler à plus de 25 km/h expose à une amende de 1 500 € au titre de l’article R412-43-1 du Code de la route.
Le débridage n’a pas seulement un coût financier immédiat. Le débridage expose l’utilisateur à des sanctions, mais surtout à un risque important en cas d’accident : l’assurance peut refuser toute prise en charge si l’engin n’est plus conforme. Autrement dit, vous perdez sur les deux tableaux : l’amende d’un côté, l’absence de couverture de l’autre. Certaines communes, comme Lorient, vont plus loin et abaissent localement cette limite à 20 km/h sur l’ensemble de leur territoire, un détail qui mérite d’être vérifié si vous changez de ville régulièrement.

Âge minimum et interdiction de transporter un passager
La troisième règle concerne l’âge du conducteur. Depuis le 01/09/2023, il faut désormais être âgé d’au minimum 14 ans – contre 12 ans auparavant – pour conduire une trottinette électrique ou tout autre EDPM. En dessous de ce seuil, l’usage reste cantonné aux terrains privés, jardin ou cour intérieure par exemple, jamais sur la voie publique.
Autre point souvent négligé par les familles : transporter un enfant à l’arrière ou debout devant soi. Les trottinettes électriques sont conçues pour une seule personne. Il est interdit de transporter un passager. Cette infraction est passible d’une amende de 135 € (contravention de 4e classe). Un réflexe pourtant courant sur le trajet de l’école, notamment chez les parents pressés, et qui reste l’une des infractions les plus verbalisées selon plusieurs sources professionnelles du secteur.
Trottoir interdit, sauf autorisation municipale
C’est probablement l’infraction la plus fréquente, et celle que les usagers minimisent le plus. Rouler sur le trottoir « parce qu’il n’y a personne » reste une infraction à part entière. La circulation sur trottoir est interdite et sanctionnée par une amende de 135€, sauf si un arrêté municipal l’autorise expressément dans votre commune.
La règle générale impose de circuler sur les pistes cyclables lorsqu’elles existent, et à défaut sur la chaussée dans les zones où la vitesse est limitée. En l’absence de piste cyclable, la circulation est autorisée sur les routes dont la vitesse maximale autorisée est inférieure ou égale à 50 km/h (y compris les zones 30 et les zones de rencontre). Mon conseil serait de ne jamais présumer qu’un trottoir vide autorise le passage : les contrôles se sont multipliés ces derniers mois dans plusieurs grandes agglomérations, et l’amende tombe même sans incident avec un piéton.
Le stationnement obéit à sa propre logique, distincte de la circulation. Le stationnement des trottinettes électriques sur les trottoirs est autorisé à condition de ne pas gêner les piétons, mais votre maire peut choisir de l’interdire, comme c’est le cas à Paris.

Casque et équipements : une obligation qui varie selon la ville
Sur le casque, la règle nationale reste plus souple qu’on ne l’imagine, mais elle se durcit localement. Au niveau national, le port du casque n’est pas obligatoire en trottinette électrique. Il existe néanmoins des exceptions locales : certaines communes ont pris des arrêtés municipaux afin de rendre le port du casque obligatoire, c’est le cas notamment à Nice, Compiègne et Bourg-lès-Valence. Une proposition de loi vise à généraliser cette obligation à l’échelle du pays, mais elle n’a pas encore été adoptée, ce qui signifie qu’elle ne s’applique nulle part tant qu’elle reste à l’état de texte en discussion.
Hors agglomération, la donne change complètement. Dès que vous quittez la ville pour circuler sur des routes hors agglomération, lorsqu’elles sont autorisées, le port d’un casque attaché et d’un gilet haute visibilité est strictement obligatoire pour tous, sans distinction d’âge, sous peine d’une amende forfaitaire de 135 €. D’autres équipements accompagnent cette obligation. Depuis l’arrêté du 21 juillet 2020, les trottinettes électriques doivent être équipées de freins efficaces, de feux avant et arrière, de dispositifs réfléchissants latéraux et d’un avertisseur sonore, et la nuit ou en cas de faible visibilité, l’utilisateur doit porter un gilet ou un équipement rétro-réfléchissant.
Je vous suggère de garder un casque dans votre sac même en ville, là où il n’est pas exigé légalement. Ce n’est pas seulement une question d’amende évitée dans une commune comme Nice. C’est aussi une protection dont l’utilité dépasse largement le cadre réglementaire, puisque la tête reste la zone la plus exposée en cas de chute sur chaussée.

Erreurs fréquentes à éviter avec sa trottinette électrique
- Beaucoup d’utilisateurs pensent à tort que leur contrat d’assurance habitation couvre automatiquement les dommages causés avec leur trottinette électrique, alors qu’une extension ou un contrat spécifique est presque toujours nécessaire.
- Certains conducteurs débrident leur engin pour gagner quelques kilomètres-heure sans réaliser que cette modification annule souvent la couverture d’assurance en cas d’accident.
- Des parents transportent encore un enfant sur leur trottinette pour un trajet court, ignorant que cette pratique reste interdite quelle que soit la distance parcourue.
- Un grand nombre d’usagers roulent sur le trottoir dès que la piste cyclable est encombrée, sans savoir que cette infraction reste l’une des plus fréquemment sanctionnées en France.
Ce type d’erreurs traduit souvent une confusion entre ce qui relève du bon sens et ce qui relève de la loi. Un déplacement en trottinette électrique en ville reste globalement fluide et économique, à condition de connaître ces cinq points avant de prendre la route plutôt qu’après un contrôle.
Foire aux questions sur les règles de la trottinette électrique
Faut-il un permis pour conduire une trottinette électrique en 2026 ?
Non, aucun permis de conduire n’est requis pour utiliser une trottinette électrique. Les EDPM ne nécessitent ni permis B, ni permis AM, ni formation obligatoire. Seules l’âge minimum et l’assurance sont exigés.
Que risque-t-on en cas de conduite sans assurance ?
Depuis 2024, rouler sans assurance peut coûter jusqu’à 3 750 € d’amende, avec saisie du véhicule à la clé. En cas d’accident, les frais restent aussi à votre charge personnelle.
Peut-on rouler sur le trottoir en trottinette électrique ?
Non, sauf autorisation municipale expresse. Circuler sur un trottoir est sanctionné par une amende pouvant aller jusqu’à 135 €.
Le casque est-il obligatoire pour circuler en ville ?
Le casque n’est pas obligatoire en agglomération dans le cadre national, mais il est fortement recommandé. Certaines villes comme Nice l’imposent toutefois par arrêté local.
Quelle est la vitesse maximale autorisée pour une trottinette électrique ?
25 km/h sur voie publique en France. Dépasser cette vitesse expose à une amende pouvant atteindre 1 500 € et à la confiscation du véhicule.







