Le pot-au-feu est un monument. Un pilier de la cuisine française. Chaque famille possède sa version, transmise de génération en génération. Pourtant, quand Cyril Lignac s’attaque à ce classique dans son émission « Tous en Cuisine », il élève le plat à un tout autre niveau. Choix des morceaux, ordre d’ajout des légumes, gestion du bouillon… Rien n’est laissé au hasard. Résultat : une viande fondante, des légumes de saison parfaitement cuits et un bouillon limpide chargé de saveurs. Voici la recette détaillée, pas à pas, avec toutes les astuces du chef.
Pourquoi le pot-au-feu est le plat idéal en hiver
Le pot-au-feu n’est pas qu’un plat réconfortant. C’est un véritable concentré de bienfaits nutritionnels. Selon Santé Magazine, il apporte des protéines de qualité, des légumes riches en vitamines et un bouillon hydratant facile à digérer. Le tout dans un seul plat.
En février et en mars, les légumes de saison qui composent le pot-au-feu sont à leur apogée. Le poireau déborde de fibres et de vitamines B. La carotte regorge de bêtacarotène. Le navet offre une douceur sucrée et du calcium. Le céleri apporte du potassium. Et le chou vert ? C’est une bombe de vitamine C et d’antioxydants, parfaite pour renforcer le système immunitaire en plein hiver.
Autre atout méconnu : le bouillon lui-même. La cuisson longue des os à moelle et du pied de veau libère du collagène, des acides aminés et des minéraux directement dans le liquide. Ce bouillon d’os, comme l’appellent les nutritionnistes, est reconnu pour soutenir la santé articulaire, favoriser la digestion et hydrater l’organisme en profondeur. Nos grands-mères le savaient déjà. La science leur donne raison.
Les ingrédients du pot-au-feu de Cyril Lignac
Pour 6 à 8 personnes

| Catégorie | Ingrédient | Quantité |
|---|---|---|
| Viandes | Paleron de bœuf | 600 g |
| Viandes | Gîte de bœuf | 500 g |
| Viandes | Pied de veau fendu en deux | 1 pièce |
| Viandes | Os à moelle | 4 pièces |
| Légumes | Poireaux | 2 |
| Légumes | Carottes | 4 |
| Légumes | Petits navets | 4 |
| Légumes | Chou vert | 1 |
| Légumes | Oignons | 2 |
| Légumes | Branches de céleri | 3 |
| Aromates | Thym (¼ de botte) | 1 |
| Aromates | Feuilles de laurier | 2 |
| Aromates | Clous de girofle | 3 |
| Aromates | Grains de poivre noir | 1 cuillère à café |
| Assaisonnement | Gros sel | 2 cuillères à soupe |
| Assaisonnement | Vinaigre blanc (pour dégorger les os) | 5 cl |
| Service | Moutarde, fleur de sel, poivre du moulin | À convenance |
Temps de préparation : 40 minutes
Temps de cuisson : 5 à 6 heures
Difficulté : Facile (mais patience requise)
La recette du pot-au-feu de Cyril Lignac étape par étape
Préparer les os et les légumes
Commencez par faire dégorger les os à moelle. Placez-les dans un grand saladier rempli d’eau froide avec un trait de vinaigre blanc. Laissez reposer deux à trois heures. Cette opération élimine les impuretés et le sang résiduel. C’est une étape souvent négligée, mais elle garantit un bouillon clair et propre.
Pendant ce temps, occupez-vous des légumes. Lavez soigneusement les poireaux en les fendant en deux pour retirer la terre. Épluchez les carottes et les oignons. Piquez trois clous de girofle dans l’un des oignons. Ce geste classique parfume le bouillon de l’intérieur, lentement, sans jamais l’envahir. Laissez les navets entiers, avec leur peau. Cyril Lignac insiste sur ce point : la peau protège le navet pendant la longue cuisson et lui donne une meilleure tenue.
Former le bouquet garni maison

Voici une astuce du chef qui change tout. Plutôt que de glisser les aromates en vrac dans la marmite, Cyril Lignac ficelle les blancs de poireau autour des branches de céleri et du thym. Ce bouquet garni naturel forme un paquet compact, facile à retirer en fin de cuisson. Le céleri et le thym infusent directement au contact du poireau. Les saveurs se mêlent avec une intensité que des herbes en vrac n’atteindraient jamais.
Pour le chou vert, coupez-le en deux et ficelez chaque moitié. Sans ficelle, il se désagrège en quelques heures de cuisson et trouble le bouillon. Avec ficelle, il reste entier, fondant et présentable.
Cuire la viande : le grand débat tranché par Cyril Lignac
Faut-il démarrer à l’eau froide ou à l’eau chaude ? La question divise les cuisiniers depuis des décennies. Cyril Lignac tranche : il démarre à l’eau froide. Selon la recette publiée sur Marie Claire, il place le paleron, le gîte et le pied de veau dans une grande marmite d’eau froide salée, puis porte lentement à ébullition.
Pourquoi l’eau froide ? Parce que la montée progressive en température permet à la viande de libérer ses sucs graduellement. Le bouillon s’enrichit en profondeur. La viande, elle, reste tendre et juteuse. Un départ à l’eau bouillante saisirait les fibres trop brutalement. La viande serait plus ferme. Le bouillon, plus pauvre.
Une fois l’ébullition atteinte, écumez méthodiquement avec une petite écumoire. Cette mousse grisâtre en surface, ce sont les protéines coagulées et les impuretés de la viande. Les retirer est indispensable pour obtenir un bouillon limpide et digeste. Cyril Lignac écume pendant environ quinze minutes. Il ne saute jamais cette étape.

Ajouter les légumes au bon moment
C’est ici que beaucoup de cuisiniers se trompent. Ils jettent tous les légumes en même temps que la viande. Erreur. Chaque légume a son propre temps de cuisson. Le chef procède en deux temps.
- Après l’écumage : ajoutez le poivre en grains, les feuilles de laurier, le bouquet garni ficelé, les carottes, les navets et les oignons piqués. Tous ces éléments supportent la cuisson longue. Laissez mijoter à feu très doux pendant 4 à 5 heures. Le bouillon doit à peine frémir. Jamais bouillonner.
- Une heure avant la fin : plongez le chou vert ficelé et les os à moelle dégorgés. Le chou a besoin d’une heure pour devenir fondant sans se désintégrer. Les os à moelle, eux, rendraient leur moelle trop tôt s’ils cuisaient plus longtemps. C’est ce timing précis qui fait la différence entre un pot-au-feu correct et un pot-au-feu remarquable.
Assaisonner et servir
Goûtez le bouillon. Ajustez en sel si nécessaire. Retirez délicatement la viande et les légumes de la marmite. Disposez-les dans un grand plat de service chaud. Tranchez le paleron et le gîte en belles tranches épaisses. Saupoudrez d’une pincée de fleur de sel. Servez le bouillon à part, dans une soupière ou des bols.

Accompagnez le tout de moutarde forte, de cornichons croquants et, si vous aimez, de gros sel de Guérande. Cyril Lignac ajoute volontiers du pain de campagne grillé pour tremper dans le bouillon fumant. C’est simple et généreux. C’est exactement ce dont on a besoin un dimanche d’hiver.
Cinq astuces de Cyril Lignac pour un pot-au-feu parfait
- Choisir deux morceaux de viande complémentaires. Le paleron apporte le fondant et le gras. Le gîte offre la tenue et la mâche. Ensemble, ils créent un équilibre de textures que la viande seule ne peut pas atteindre. Le pied de veau, quant à lui, enrichit le bouillon en gélatine naturelle.
- Ne jamais laisser le bouillon bouillir fort. Un frémissement doux et constant suffit. Une ébullition trop vive rend la viande filandreuse, trouble le bouillon et fait éclater les légumes. La patience est l’ingrédient secret de tout pot-au-feu réussi.
- Ficeler systématiquement poireaux, céleri et chou. Cela préserve la forme des légumes, facilite leur retrait et garantit une présentation soignée dans le plat de service. Un détail de chef qui change l’allure du plat entier.
- Préparer le pot-au-feu la veille. Cyril Lignac le dit lui-même : réchauffé, le pot-au-feu est encore meilleur. Les saveurs ont eu le temps de se concentrer. La viande a absorbé le bouillon pendant la nuit. Le goût s’intensifie de façon spectaculaire.
- Transformer les restes en hachis parmentier. Le chef conseille d’émietter la viande restante, de la mélanger au bouillon réduit et de la couvrir d’une purée de pommes de terre gratinée au four. Un deuxième repas tout aussi savoureux, et zéro gaspillage.

Quels légumes de saison ajouter selon vos envies ?
La recette de Cyril Lignac est une base solide. Mais le pot-au-feu est, par nature, un plat d’adaptation. En février et mars, les étals des marchés regorgent de légumes de saison qui s’intègrent parfaitement à la marmite.
Le panais, avec sa douceur légèrement sucrée, apporte une note originale. Le topinambour, en fin de saison en février, offre une texture fondante proche de l’artichaut. Le rutabaga, souvent oublié, résiste admirablement à la cuisson longue et enrichit le bouillon d’une saveur profonde. Quant au céleri-rave, il peut remplacer les branches de céleri pour un goût plus prononcé et une tenue exemplaire.
Le principe reste le même : n’utilisez que des légumes de saison, achetés si possible en circuit court chez un maraîcher ou sur un marché local. La fraîcheur des légumes influence directement la qualité du bouillon. Un poireau fraîchement récolté libère bien plus de saveur qu’un poireau stocké depuis dix jours en chambre froide.
FAQ — Pot-au-feu de Cyril Lignac
Peut-on préparer un pot-au-feu sans os à moelle ?
Oui, mais le bouillon perdra en richesse et en onctuosité. Les os à moelle libèrent du collagène et de la gélatine qui donnent au bouillon sa texture soyeuse. Vous pouvez les remplacer par un jarret de bœuf avec son os.
Combien de temps faut-il cuire un pot-au-feu au minimum ?
Comptez au minimum quatre heures de cuisson à feu très doux pour obtenir une viande fondante. Cyril Lignac recommande cinq à six heures pour un résultat optimal. Le secret, c’est la patience et un frémissement constant.
Peut-on faire un pot-au-feu en cocotte-minute ?
Techniquement oui, en réduisant le temps à environ une heure trente sous pression. Mais le résultat diffère sensiblement. La cuisson lente développe des arômes complexes que la pression ne peut pas reproduire. Cyril Lignac privilégie toujours la marmite classique.
Comment conserver le bouillon du pot-au-feu ?
Laissez-le refroidir complètement avant de le placer au réfrigérateur. Il se conserve trois à quatre jours en bocal hermétique. Vous pouvez aussi le congeler dans des sacs ou des bacs à glaçons pour l’utiliser comme base de soupes.
Quels accompagnements servir avec le pot-au-feu ?
Moutarde forte, cornichons et gros sel sont les classiques incontournables. Cyril Lignac suggère aussi du pain de campagne grillé et une mayonnaise à la moutarde à l’ancienne. Certains ajoutent du raifort râpé pour une touche piquante.
Le pot-au-feu est-il un plat équilibré ?
Absolument. Il combine protéines de qualité, légumes riches en fibres et vitamines, et un bouillon hydratant chargé en minéraux. C’est un plat complet, nourrissant et étonnamment peu calorique si l’on dégraisse le bouillon après refroidissement.







