Le virus Nipah (NiV) refait surface en 2026 dans le Bengale occidental (Inde), provoquant l’inquiétude des autorités sanitaires. Bien que méconnu du grand public, ce virus zoonotique appartient à la famille des Henipavirus, réputée pour son taux de mortalité élevé et l’absence de traitement spécifique.
Doit-on s’inquiéter d’un nouveau virus mortel comme le Nipah ? Cet article répond aux questions que tu pourrais te poser, en apportant des données claires, des faits scientifiques et une analyse fondée.
Qu’est-ce que le virus Nipah (NiV) ?
Le virus Nipah est un agent pathogène zoonotique à ARN, classé pathogène prioritaire par l’OMS en raison de son potentiel épidémique élevé.
Il a été identifié pour la première fois en 1999 en Malaisie, lors d’une épidémie touchant des éleveurs de porcs. Son nom vient du village de Kampung Sungai Nipah.

Ce virus se transmet principalement de l’animal à l’homme, avec une origine confirmée chez la chauve-souris frugivore du genre Pteropus, aussi appelée renard volant.
Pourquoi ce virus est-il classé comme très dangereux ?
- Il provoque des encéphalites aiguës potentiellement mortelles.
- Son taux de létalité varie entre 40 % et 75 % selon les foyers.
- Il n’existe ni vaccin homologué ni traitement antiviral spécifique.
Où et quand le virus Nipah est-il apparu ?
Depuis son émergence en Asie du Sud-Est, le virus Nipah est réapparu à plusieurs reprises :

| Année | Pays touché | Nombre de cas | Taux de mortalité estimé | Commentaires |
|---|---|---|---|---|
| 1999 | Malaisie | 265 cas | Environ 40 % | Transmission via porcs |
| 2001-2015 | Bangladesh | >300 cas | Jusqu’à 75 % | Transmission via fruits contaminés et jus de palmier |
| 2021 | Inde (Kerala) | 1 cas confirmé | Décès du patient | Isolement rapide du foyer |
| 2026 | Inde (Bengale) | Plusieurs cas | En cours d’évaluation | Surveillance renforcée |
La plupart des foyers sont localisés dans des zones rurales, proches de forêts tropicales, là où les chauves-souris frugivores sont nombreuses.
Quels sont les symptômes du virus Nipah ?
Les symptômes apparaissent généralement entre 4 et 14 jours après l’infection. Certains cas rapportent une incubation allant jusqu’à 45 jours.

Les premiers signes sont généraux et respiratoires :
- Fièvre élevée
- Céphalées
- Douleurs musculaires
- Vomissements
- Toux ou maux de gorge
L’évolution peut ensuite devenir neurologique et sévère :
- Encéphalite aiguë
- Confusion
- Étourdissements
- Coma
- Détresse respiratoire
Dans les formes graves, la mort peut survenir en quelques jours. Les patients survivants peuvent présenter des troubles neurologiques durables.
Comment se transmet le virus Nipah ?
Le virus Nipah se transmet de l’animal à l’homme, puis potentiellement d’homme à homme, bien que cette dernière voie reste limitée.
Transmission zoonotique :
- Ingestion de fruits contaminés par des excrétions de chauves-souris infectées
- Consommation de jus de palmier brut, contaminé par de la salive ou de l’urine
- Contact direct avec des animaux infectés (porcs, chauves-souris)
Transmission interhumaine (limitée) :
- Contacts physiques prolongés non protégés
- Exposition à des fluides corporels : salive, urine, sang
- Soignants ou membres de la famille en contact rapproché

La contagiosité du Nipah est jugée faible comparée au SARS-CoV-2. Un contact étroit prolongé est souvent nécessaire.
Quel est le risque de propagation en France ou en Europe ?
À ce jour, aucun cas de virus Nipah n’a été signalé en Europe. Le risque est considéré comme très faible, selon Santé publique France et l’ECDC.
Cependant, les autorités restent vigilantes, notamment dans les aéroports :
- Renforcement des contrôles sanitaires aux frontières
- Surveillance épidémiologique des passagers en provenance d’Asie du Sud
- Communication active auprès des professionnels de santé
Le virus Nipah n’a pas montré de capacité de propagation mondiale, contrairement au Covid-19. Mais sa létalité élevée justifie une surveillance active.
Comment différencier le virus Nipah du Covid-19 ?
Bien que des comparaisons soient fréquentes, ces deux virus ont des profils très différents :
| Critère | Virus Nipah | Covid-19 (SARS-CoV-2) |
|---|---|---|
| Famille virale | Henipavirus (Paramyxoviridae) | Coronavirus (Betacoronavirus) |
| Taux de mortalité | 40 à 75 % | Environ 0,5 à 2 % |
| Transmission | Par contacts étroits | Par aérosols, très contagieux |
| Présence en Europe | Aucun cas connu | Pandémie mondiale |
| Traitement / vaccin | Aucun | Vaccins et antiviraux existants |

Le Nipah est bien plus mortel mais nettement moins transmissible. Ce contraste est fondamental pour comprendre le niveau de risque.
Existe-t-il un vaccin ou un traitement contre le virus Nipah ?
Il n’existe actuellement ni traitement spécifique ni vaccin homologué contre le Nipah.
Seules options disponibles :
- Soins de soutien intensif
- Surveillance neurologique et respiratoire
- Hydratation, oxygénation, sédation
Des essais vaccinaux sont en cours, notamment aux États-Unis et en Australie, mais aucun vaccin n’a encore franchi les étapes de validation clinique.
La priorisation de la recherche sur Nipah par l’OMS vise à anticiper une éventuelle mutation ou adaptation facilitant la transmission.
Quelles sont les mesures de prévention contre le virus Nipah ?
Les autorités sanitaires recommandent plusieurs gestes barrières et mesures individuelles :
Prévention individuelle :
- Ne pas consommer de jus de palmier brut dans les zones à risque
- Laver et peler les fruits avant consommation
- Éviter tout contact avec des chauves-souris ou porcs malades
- Utiliser des protections (gants, masques) pour les soignants
Mesures sanitaires collectives :
- Mise en quarantaine des cas suspects
- Traçage des cas contacts
- Surveillance renforcée dans les foyers épidémiques
- Contrôles sanitaires aux frontières

La prévention repose sur la détection rapide et l’isolement des cas, combinés à des mesures de biosécurité pour limiter le spillover.
Quel rôle jouent les facteurs environnementaux dans l’émergence du virus ?
L’émergence du Nipah est étroitement liée aux pressions exercées sur les écosystèmes tropicaux.
Facteurs clés :
- Déforestation → rapprochement des chauves-souris et des zones habitées
- Agriculture intensive → multiplication des élevages porcins
- Urbanisation rapide → augmentation des contacts homme-animal
- Réchauffement climatique → changement des cycles de reproduction des chauves-souris
Ces éléments favorisent les débordements zoonotiques, aussi appelés spillover, augmentant les risques de transmission à l’humain.
Limiter l’empiètement sur les habitats naturels devient un enjeu de santé publique globale.
Comment les autorités sanitaires surveillent-elles le virus ?
La surveillance internationale du virus Nipah est assurée par plusieurs institutions :
- Organisation mondiale de la Santé (OMS) : coordination de la recherche et de la veille mondiale
- ECDC : analyse du risque en Europe
- Ministères de la Santé locaux : détection, traçage, isolement
- Institut Pasteur et chercheurs spécialisés : travaux sur les vaccins et modèles de propagation
Moyens de surveillance :
- Caméras thermiques dans les aéroports
- Tests de laboratoire spécialisés
- Enquêtes de terrain lors de flambées
- Protocoles d’urgence dans les établissements de santé
L’objectif est d’identifier les foyers rapidement et d’éviter la diffusion hors des zones initiales.
Pourquoi le virus Nipah suscite-t-il l’inquiétude des experts ?
Le Nipah coche plusieurs cases qui en font un virus préoccupant :
- Taux de létalité très élevé
- Capacité de mutation inconnue
- Aucune immunité collective existante
- Transmission possible d’humain à humain, bien que limitée aujourd’hui
Les experts redoutent un scénario où une mutation améliore sa transmissibilité, déclenchant une épidémie difficilement contrôlable.
C’est pourquoi l’OMS l’a intégré à sa liste des maladies prioritaires à potentiel pandémique, avec Ebola et le SRAS.







